matière grise

Hommage à Olivier Ferrand

9 juillet 2012

C’était en avril dernier, la deuxième vague du sondage d’Ipsos pour Comfluence venait de confirmer que Terra Nova occupait la place du think tank le plus connu des français. Et c’était une légitime fierté pour Olivier à qui je l’annonçais. Plus récent que ses homologues, moins bien doté, mais aucun doute mieux structuré dans sa capacité de penser, de produire et de faire connaître sa pensée, Terra Nova était la création d’Olivier Ferrand et sa plus belle réalisation politique. Un tour de force dont la gauche n’est pas encore revenue et dont la droite cherche encore le mode d’emploi.

On a beau jeu d’affirmer que personne n’est irremplaçable. Mais, sans Olivier Ferrand, ce think tank social-démocrate, riche en matière grise et relativement pauvre en financements, n’aurait jamais existé ou bien avec beaucoup d’années de retard. Olivier a créé ce creuset avec ses relations, ses convictions, ses ambitions.

Bousculer la pensée établie (y compris dans son propre parti) et prendre le pouvoir par les idées, telle était sa conviction et telle fut sa réussite. Il y avait chez lui une gourmandise à débattre, à appeler les journalistes, à créer le débat là où la doxa le supprime, à convaincre ses contradicteurs.

Stagiaire à l’ENA, candidat aux législatives de 2007 – perdues mais décisives pour sa compréhension de la vie politique – dans les Pyrénées-Orientales, fondateur et animateur toujours disponible de Terra Nova, député des Bouches-du-Rhône, Olivier a eu un brillant parcours que j’ai croisé et partagé, toujours avec curiosité et plaisir.

Terra Nova doit maintenant relever un nouveau défi : rester à la hauteur de son créateur, continuer à scruter l’horizon pour parler au présent et ne jamais tomber dans les chausse-trappes de la basse politique.

 Jérôme Ripoull