matière grise

Statut de la première dame : Focus sur la charte de transparence

6 septembre 2017

Alors que la campagne des présidentielles battait son plein, le candidat Emmanuel MACRON avait annoncé, lors d’une interview sur TF1 en avril dernier, vouloir clarifier le rôle du conjoint du chef de l’Etat : « Je veux sortir d’une hypocrisie française : lorsqu’on est élu Président de la République, on vit avec quelqu’un, on donne ses jours, ses nuits, on donne sa vie publique et sa vie privée. Et donc, il faut que la personne qui vive avec vous, puisse avoir un rôle, qu’elle soit reconnue dans ce rôle ».

Emmanuel MACRON souhaitait ainsi permettre à son épouse de jouer un rôle similaire à celui assumé par d’autres femmes de Président ailleurs dans le monde. Mais au-delà, il voulait tirer les conséquences politiques et pratiques d’une tradition ancienne bien qu’évolutive : l’intervention des premières dames dans la vie politique du pays.

Personne ne doute, par exemple, que Danielle MITTERAND ait contribuée à infléchir la position de François MITTERAND sur un certain nombre de sujets comme les droits de l’homme ou les relations diplomatiques entre la France et Cuba par exemple. Cécilia ATTIAS puis Carla BRUNI-SARKOZY ont également joué un rôle important en conseillant Nicolas SARKOZY ou en décidant de prendre à bras le corps des thématiques particulières.

Pour assumer ces missions informelles mais publiquement assumées, elles bénéficiaient toutes de personnel Elyséen et de conseillers, ne serait-ce que pour répondre aux centaines de lettres reçues par semaine.

Le Président, une fois élu, a tenté d’apporter tout à la fois transparence sur les moyens humains et matériels et visibilité à son épouse. En vain, sous la pression d’une pétition lancée fin juillet 2017, intitulée « Contre le statut de Première Dame pour Brigitte MACRON » et ayant recueillie plus de 318.000 signatures, il a transformé son désir de statut en une « charte de transparence relative au statut du conjoint du Chef de l’Etat ».

Si cette Charte n’est pas le statut juridique attendu, elle précise et rappelle le rôle majeur qu’aura à jouer Brigitte MACRON aux côtés de son mari : « Elle assure la représentation de la France aux côtés du Président de la République lors des sommets et réunions internationales , Elle supervise la tenue des manifestations et réceptions officielles au sein du Palais de l’Elysée, elle répond aux sollicitations des Français et des personnalités françaises et étrangères qui souhaitent la rencontrer , elle soutient par son parrainage ou sa présence des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement de la France »…. Si la « Première dame » ne bénéficie d’aucune rémunération, ne dispose d’aucun frais de représentation et d’aucun budget propre elle peut néanmoins compter sur l’aide apportée par deux conseillers, un secrétariat et un service de protection.

Nos concitoyens, qui adressent quotidiennement plus de 150 lettres par jour à Brigitte MACRON, soit 5 fois plus que Carla BRUNI-SARKOZY, ont bien compris le rôle déterminant qu’elle était appelée à jouer. La « Première Dame » également, en revendiquant clairement son intérêt pour les questions liées à l’éducation et au handicap.

La question reste de savoir si, après avoir été très active pendant toute la campagne Présidentielle, l’influence de Brigitte MACRON se limitera à ces sphères d’interventions respectables ou classiques ou si elle complètera, sur d’autres thématiques, la liste de ceux qui parlent à l’oreille du Président.