Du pain et des jeux : quand l’enfance fait rimer alimentation et apprentissages

L’Observatoire du pain a dévoilé à la presse et aux professionnels, le 4 juin dernier, une étude sur le rôle et la place du pain au cours de l’enfance, menée en collaboration avec le socio-anthropologue Claude Fischler et l’agence Opinion Valley…  

Voilà deux ans qu’Opinion Valley accompagne l’Observatoire du pain sur cette enquête inédite, mettant en lumière le rôle à part que joue le pain dans la vie des petits Français. Via une observation attentive du quotidien de plusieurs familles à travers la France et la réalisation d’une étude quantitative auprès de 800 mères d’enfants de 7 à 17 ans, Claude Fischler, socio-anthropologue spécialiste de l’alimentation humaine, insiste sur la richesse d’un aliment « hors norme » qui dépasse de très loin sa seule fonction nutritive. En effet, les enseignements principaux qui ressortent de l’étude nous indiquent les bienfaits multiples de cet aliment symbole de la culture française.

 #1 Une histoire qui commence dès les premiers mois de la vie

Le pain est l’un des tout premiers aliments solides dont on laisse le bébé se saisir. C’est une réalité partagée par 63,5% des mamans interrogées dans le cadre de l’étude. Avec lui l’enfant se « fait les dents » et il grandit. Ceci d’autant plus que le pain est aussi l’un des premiers aliments qu’il consommera et qui sera identique à celui que les adultes ont à leur table.

 #2 Un formidable outil d’autonomisation pour l’enfant

Plus tard, le pain est souvent le premier achat fait en autonomie par l’enfant, un véritable « rite de passage » aux yeux de Claude Fischler. Le pain est ainsi très tôt associé à la notion de confiance.

#3 L’apprentissage du partage 

La dimension de partage marque le rapport au pain toute la vie durant et dès le plus jeune âge. Le principe du partage du pain est une notion qui « va de soi » selon Claude Fischler. Sans aucun besoin d’explication, l’enfant l’intègre. Ces rites et ces pratiques, comme celle de se passer le pain « à la main » – quand il n’y a pas d’invités – contribuent à l’intégration de l’enfant dans son groupe

#4 La tendance au « nutritionnisme »

Pendant ses observations de terrain, Claude Fischler a noté que le pain n’échappait pas aux stigmates d’une époque cultivant inquiétudes, modes et tendances sur l’alimentation. Ainsi, il apparaît que le pain subit une vague de « nutritionnisme » qui semble progresser dans notre société sans toutefois et loin s’en faut y être majoritaire. De quoi s’agit-il ? Pour résumer, dit Claude Fischler, « cela consiste à voir le nutriment avant l’aliment »... et la diététique plutôt que les usages de la commensalité ?

Pour en savoir plus, consulter le dossier de presse de l’enquête